Les Marianistes à Rèves – 1903.

La société de Marie, dont le noviciat et le scolasticat[1] résidaient à Ris-Orangis, dans la banlieue parisienne, pressée par les lois du ministre Combes, cherche un refuge pour ses maisons de formation. Mgr Walravens, évêque de Tournai, leur signale la disponibilité du château de Rèves.
La propriété était alors tenue par les filles de Marie de Pesche qui en avaient fait une maison pour enfants handicapés.
Le 3 avril 1903, l’acte de vente est signé entre la Société de Marie et les Sœurs de Pesche sous le régime de la tontine (système de propriété collective où la part des morts revenait aux vivants).

L’installation des Frères le 12 mars 1903.

Les deux premiers frères débarquant à Rèves sont : Fr. Camille Haegeli, 22 ans accompagné du Fr. Inspecteur provincial J. Kleitz.

Durant l’été, la maison se remplit peu à peu de religieux fuyant la France. Scolastiques et novices s’installent. On est un peu à l’étroit car l’Administration Provinciale des Marianistes occupe aussi la maison. Le P. Bovier, père-maître, assure les fonctions de supérieur.

Mais rien n’est facile : l’hétérogénéité de la Communauté (Frères âgés, infirmes, enseignants, ouvriers, étrangers de passage, postulants, la différence d’âge) tout cela pose de nombreux problèmes pour une bonne observance des Constitutions.

            Les chroniques relatent à l’époque : 53 religieux, 25 scolastiques et 3 postulants. On s’arrange comme on peut et il faut loger tout le monde.

            Le premier chapitre[2] général à Rèves s’ouvrit le 2 août 1905 avec 40 religieux autour des Supérieurs Majeurs.

            Six chapitres généraux encore tiendront leurs assises dans les murs de Rèves : 1910, 1920, 1922. A la mort du P. Hiss, le P. Sorret fut élu Supérieur Général, 1928, 1937 et en 1934, élection du P. Kieffer.

            A cette époque 3 communautés se constituèrent :

                        1. Ste Marie : les scolastiques et les enseignants se trouvaient au château.

                        2. St Joseph constituée par les frères voués aux travaux manuels, qui logeaient à la ferme.

                        3. St Jean : frères infirmes ou à la retraite, occupaient les bâtisses spécialement aménagées pour eux durant l’année 1908, constituées par les maisons dites « Léon et Perniaux », rue de l’Eglise.

            En 1913, construction d’une nouvelle aile comportant une chapelle.

La grande guerre 1914-1918.

            La guerre va bouleverser l’organisation et la vie des trois communautés. Le 2 août 1914, les scolastiques quittent Rèves pour se réfugier à Paris. On constate la visite des gendarmes venus chercher un interprète parmi les frères quand le besoin s’en faisait sentir.

            Quelques 22 défunts sont à signaler parmi les religieux durant cette période, dont six jeunes, en dépit des efforts du Fr. Victor Fréder pour pallier la pénurie alimentaire.

            Aux frères décédés à Rèves, il convient d’ajouter ceux tombés sur le champ de bataille.

            Le 15 septembre 1918, les derniers Allemands quittent Rèves.

            En 1928, une concession pour accueillir les Religieux marianistes décédés à Rèves fut édifiée au cimetière de Révioux ; elle est dominée par une belle statue de la Médaille miraculeuse. Quelques 138 frères y sont enterrés ; les trois premiers décédés en 1903 et 1904, reposent dans l’ancien cimetière, près de l’église.

La Fraternelle Sainte Marie.

            Le régime légal de l’établissement change. En vertu de la loi du 22 juin 1921, les Associations sans but lucratif (ASBL) peuvent remplacer les tontines. Ce fut fait pour l’Institut Sainte Marie, le 3 avril 1923.

            Le 19 octobre 1930, le village de Rèves fête le centenaire de l’indépendance de la Belgique : tous les religieux y participent avec un grand enthousiasme.

            1939-1940 : la guerre survient de nouveau. Quelques frères sont évacués, les noms nous sont connus : J. Hilgers et son frère, Nicolas, E. Hick, P. Cerfont, A. Lambert…

            Hélas, la nasse se referme, les Allemands coupent les routes.

            Certains passeront quand même et partiront travailler quelques mois dans les vignes.

            E. Hick sera enrôlé dans la 13e Compagnie de Travailleurs Belges, incorporés dans le 292e Régiment du génie Français et envoyé en Lorraine… Avec son unité, il passera en Suisse où il sera interné militaire toute la guerre.

            Fin 1945, même spectacle que celui de 1918, les Allemands refluent, le calme revient et le 20 septembre une retraite préparatoire à l’entrée au noviciat est prévue. On y trouve le futur frère Raymond Bohyn.

            Enfin, le 8 mai 1945, le grand jour de la victoire est enfin arrivé. La guerre de 39-45 a fait perdre à la Société de Marie de Belgique 15 jeunes religieux.

            Une autre histoire commence pour Rèves.

L’école primaire Sainte Marie à Rèves.

            A l’origine, cette école a été fondée comme « école d’application » pour la formation pédagogique des jeunes religieux.

            Le 26 novembre 1903, le Fr. Kleitz fait annoncer l’ouverture d’une école libre dans les dépendances du château.

            Le 2 février 1904, une circulaire annonce l’ouverture définitive de l’école.

            Le 8 février, 4 élèves se présentent. Ils seront une quinzaine à la fin du mois de juin.

            Puis les effectifs grossiront régulièrement. Les familles constatent les heureux résultats de leurs enfants grâce aux méthodes pédagogiques des Frères.

            En 1946, début du pensionnat primaire dirigé par le Fr. Willy Schommer.

            27-28 mai 1948 : première fancy-fair qui apporte un soutien appréciable au niveau financier.

            Rentrée de 1950 : le Fr. Pierre Zians devient chef d’école.

            25 février 1951 : première réunion de parents d’élèves.

Le personnel se diversifie.

            Les premiers enseignants laïcs sont Mr Richard Chapelain (1943-1945) et Mr Richard Henriet, le 24 septembre 1945 ; celui-ci terminera sa carrière d’enseignant comme directeur, le 31 août 1984.

            En novembre 1956, Melle Nelly Germaux sera la première enseignante féminine et terminera sa carrière en 1982.

            Vers le deuxième trimestre, le Fr. Hick, qui a le titre requis d’instituteur, soulagera le travail du Fr. Schommer. L’école compte alors 193 élèves. Le succès de l’école est dû:

–          au pensionnat ;

–          à l’ouverture de la section secondaire : les élèves ont donc la possibilité de passer au collège ;

–          à la possibilité pour les externes de rester après la classe sans bourse délier, pour faire les devoirs et apprendre les leçons ;

–          à la facilité de communication avec les villages des environs ;

–          mais surtout à la valeur du personnel enseignant et à l’esprit de la tradition marianiste, familial mais exigeant.

En 1960 : le Fr. Deham prend la direction de l’école ; le 12 avril 1967, il décède et est remplacé comme chef d’école par Mr Richard Henriet.

            En 1969 l’école devient mixte.

            En 1973, le Fr. Schommer quitte définitivement l’enseignement, il continuera à exercer des surveillances d’internat ; en 1975, c’est au tour du Fr. Adam de quitter l’enseignement.

Ainsi, il ne reste plus d’enseignants religieux à l’école primaire.

Seul, le P.O., la Fraternelle Sainte Marie, est entre les mains des Marianistes.

            En 1974, la chapelle devient salle de sports pour les élèves du primaire.

En 1982, Mr Bernard Mierzwa assurera l’animation spirituelle, aidé à l’aumônerie par les Pères Babel et Michel.

En 1984, Mr Richard Henriet quitte son poste de chef d’école, et il est remplacé par Mr Paul Sail.

            En 1994, Mr Paul Sail est remplacé par Mme Marie-France Dubuquoy, elle-même remplacée depuis le 1er septembre 2006 par Mr Stevenaert.

Le pouvoir organisateur :

            En 1987, le Pouvoir organisateur (P.O.) accueille des membres non-Marianistes. Actuellement, le P.O. est composé de membres laïcs : deux administrateurs délégués assument la gestion de l’école.

            Le service d’inspection du diocèse a pris le relais de l’inspection assurée par les marianistes. L’école entend cependant garder l’esprit des fondateurs marianistes.

Quelques dates:

1911: première subsidiation par l’état pour l’école.
1912: enseignement du flamand à raison de deux fois trente minutes par semaine et construction d’un préau (détruit depuis lors).
1915: installation de la lumière électrique.
1916: pavage du préau et installation d’une cloche en haut du perron (elle s’y trouve encore !)
1948: ouverture de la section secondaire.
1964: installation du secondaire dans son bâtiment.
1975: ouverture de l’école aux filles.
1994: fermeture de l’internat.
2012: début de la construction du troisième bâtiment pour la section secondaire.
2013: le 4 octobre, inauguration du troisième bâtiment pour la section secondaire.


[1] Annexe d’un couvent où les jeunes religieux complètent leurs études après le noviciat.

[2] Assemblée de religieux.